Musée Lambotte

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Le Musée Lambotte à Anvers.

Le Musée Lambotte dédié à l’histoire des soins de santé, bénéficie d’une renommée croissante en Belgique.

Déjà conçu au début des années 1990, il a initialement été le pilier matériel de l’Institut pour l’Histoire de la Médecine à l’Université d’Anvers.

Cet Institut avait été instauré par l’Université en 1992 pour rendre un environnement visuel académique aux cours et à la recherche de l’Histoire des Soins de Santé.

Afin de réaliser un cadre muséal adéquat et moderne , un groupe de travail a été mis sur pied en 1997 pour définir les options et modalités du musée. Ainsi, le 23 mars 1998 une ‘Association pour le Maintien muséal du Patrimoine Médical à Anvers’ a vu le jour.

Cette association s’est depuis lors efforcée à inventorier des collections reçues de diverses institutions.

Afin d’avoir une assise juridique, une ‘Association sans But lucratif’ a été instaurée en 2004, nommée l’’ASBL Musée de l’Histoire des Soins de Santé’, dont les statuts ont paru au Moniteur Belge le 7 juin 2004.

Afin de pouvoir exposer ce riche patrimoine obtenu de divers donateurs, autant institutionnels que particuliers, un accord contractuel a été réalisé en 2011 avec le ‘Réseau Hospitalier d’Anvers’ (ZNA), par lequel une partie de l’hôpital a été loué par notre ASBL.

Le Musée est connu depuis lors sous le nom de Musée Lambotte, en honneur de ce chirurgien mondialement reconnu comme le fondateur de l’ostéosynthèse, et qui a travaillé dans ce même hôpital où se trouve maintenant le musée.

 

Les collections du Musée Lambotte.

Les collections du Musée contiennent essentiellement des objets du 19e et 20e siècles; néanmoins plusieurs instruments sont plus anciens et remontent jusqu’au seizième siècle. Toutes les spécialités médicales sont représentées et le but du musée est de montrer ces divers objets afin d’illustrer l’évolution de la médecine dans tous ses aspects .

Le musée a pu obtenir la grande et importante collection de l’Association Anversoise des Anesthésistes et Réanimateurs (Verantare)’ , collection de plusieurs milliers d’objets d’anesthésiologie, entamée et enrichie par le Dr.Desbarax et feu le Dr.Troch dans les décennies d’après-guerre. C’est en ce moment une des plus riches collections d’anesthésie en Europe. Une autre collection importante a été léguée par le ‘Centre Public d’Assistance Sociale’ (CPAS) d’Anvers et comporte des objets et instruments délaissés par les divers hôpitaux et institutions, qui dépendent du CPAS Anversois, tel que l’hôpital Ste. Elisabeth, l’hôpital d’enfants Good-Engels, l’hôpital Ste. Marie à Berchem, etc. Ensuite une importante collection d’instruments médicaux en étain , argent, cuivre, laiton, etc. a été léguée en 2013  par le ‘Musée Provincial d’Argent’ d’Anvers.

Enfin le Musée contient de riches collections particulières de tous azimuts, comprenant des instruments de médecine générale, de campagne, militaire, hospitalière et autres

 

Les expositions au Musée Lambotte.

 

Le Musée Lambotte a tenu depuis ses origines des expositions temporaires.

En 1997 l’exposition ‘Ne pas respirer, ne pas bouger’, dédiée à l’évolution de la Radiologie,  a documenté le centenaire de la découverte des Rayons X (Fig.3).

En 2009, en sa définitive et actuelle localisation du musée, l’exposition ‘125 ans d’hôpital Stuivenberg’ a illustré l’évolution de la médecine hospitalière depuis 1884, date d’ouverture de l’hôpital (Fig.4).

En 2012-2013 l’exposition ‘Est-ce que je me réveillerai, docteur ?’ a rendu hommage aux fondateurs de l’anesthésiologie ancienne et moderne (Fig.5).

En 2014-2015 une exposition internationale a été mise sur pied, dédiée au père de l’anatomie André Vésale à l’occasion de ses 500 ans de naissance.  Un colloque international en octobre 2014  et l’édition d’un nouveau livre sur Vésale ont été couplés à l’exposition ‘L’art de Vésale’ .

En 2015-2016 se tenait au Musée l’exposition temporaire ‘Lambotte et Ensor : l’Art de la Technique’, dédiée à celui même à qui le musée a emprunté son nom : Albin Lambotte .

 

Albin Lambotte (1866-1955).

Albin Lambotte est une figure de proue parmi les chirurgiens belges les plus connus (Fig.7).

Issu d’une famille Bruxelloise de haute bourgeoisie, Albin est devenu docteur en médecine, chirurgie et accouchements à l’Université Libre de Bruxelles en 1891. Ensuite il a passé toute sa carrière chirurgicale à Anvers, essentiellement à l’hôpital Stuivenberg, mais aussi à l’hôpital Ste. Camille. Au Stuivenberg, Lambotte a développé diverses techniques nouvelles en chirurgie générale (la première gastrectomie totale en Belgique, des nouvelles techniques d’hystérectomie vaginale, de chirurgie crânienne, etc.) , mais surtout la chirurgie osseuse. Avec toute une gamme d’instruments nouveaux, qu’il a lui-même construit et développé, Lambotte a introduit une toute nouvelle technique de traitement opératoire des fractures, auquel il a lui-même donné le nom d’ostéosynthèse. Avec ses centaines d’interventions (en 1905 il en était à sa 2.000e opération), ses plus de 80 publications, ses livres sur l’ostéosynthèse (en 1907, 1913 et 1924) et ses multiples conférences (annuellement autant à Bruxelles qu’à Paris, où il a été ‘consacré’ ‘père de l’ ostéosynthèse’ en 1911 par Tuffier et Bérard), il est devenu un des fondateurs de l’orthopédie moderne .

Il est donc bien logique que notre Musée d’histoire des soins de santé ait actuellement dédié son exposition temporaire à la figure même, de qui le musée détient son nom.

 

Projets pour l’avenir.

 

Le Musée Lambotte maintient ses objectifs initiaux, c’est à dire montrer aux visiteurs belges et étrangers son patrimoine médical par le biais de sa collection propre et de ses expositions thématiques temporaires. Pour 2017 le focus sera mis sur les maladies rénales et urinaires, illustrant 50 ans de dialyse, ainsi que les débuts de la transplantation rénale à l’hôpital Stuivenberg. D’autres expositions ultérieures sont également en préparation.

 

L’intégration du Musée Lambotte dans le patrimoine culturel de la Flandre et de la Belgique.

 

Le patrimoine culturel est une matière fédéralisée en Belgique et ressort dès lors de la compétence des deux Communautés et trois Régions de la Belgique.

Plusieurs initiatives ont été prises par différents gouvernements pour favoriser la conservation et restauration des divers types de patrimoine dans les régions.

En Flandre les collections académiques ont récemment été répertoriées, en incluant entre autres les collections d’histoire de la médecine, dont le Musée Lambotte.

Les divers musées de l’Art de guérir se sont en outre rassemblés dans une ASBL nationale, nommée ‘Hospitium’. Cette ‘Société Belge pour l’Histoire des Hôpitaux et des Soins’ intègre, à côté d’archivistes, bibliothécaires, fonctionnaires d’hôpitaux et des CPAS,  les différents conservateurs des musées médicaux. Cette ASBL ‘Hospitium’ a édité en 2014 dans les deux langues nationales un guide illustré sur les musées et collections médicales en Belgique sous le titre : ‘Poumons d’acier, Cœurs d’or’ (ISBN 978-90-441-3135-2).

Les divers musées d’histoire de la médecine sont financés de plusieurs manières. Quelques-uns reçoivent des subsides publiques, d’autres des financements privés ou universitaires. La plupart cependant a des difficultés à trouver des fonds, ce qui a résulté à la fermeture récente ou imminente de deux modestes musées (Damme et Duffel).

Une des possibles idées de l’ASBL ‘Hospitium’ réside en une sorte de ‘spécialisation’ des musées de l’Art de guérir, chacun  se limitant à une partie de la médecine. Cependant cette ligne de conduite n’a pas encore été implémentée, chaque musée désirant pouvoir montrer à leurs étudiants ou élèves de la région une vision globale de l’histoire médicale.

En plus, l’apport des moyens financiers publics est tellement limité, que leur distribution par les différents gouvernements fédérés et régionaux n’aide pas à solutionner cette difficulté.

Des approches inventives nationales et internationales seront dès lors nécessaires afin de garantir la survie des musées de l’Histoire des Soins de Santé, tel que notre Musée Lambotte à Anvers .